Ce que montre la carte
La carte affiche le déficit de couverture : le nombre de stations StatIC qui manquent dans chaque maille pour atteindre une densité-cible. Cette cible dépend du relief — plus le terrain est accidenté, plus il faut de stations au km².
C'est un outil de décision : il indique où installer de nouvelles stations StatIC en priorité, pas un indicateur de qualité du réseau existant.
Le maillage : hexagones H3, résolution 5
La France est découpée en hexagones H3 (le système de maillage géospatial d'Uber) en résolution 5, soit environ 252 km² par maille (~9 km de côté).
Pourquoi H3 plutôt qu'une grille classique :
- les mailles ont une aire quasi constante (équi-surface), ce qui est indispensable pour comparer des densités en km²/station d'une maille à l'autre ;
- c'est un système mondial unique : le même maillage s'applique à la métropole et à chaque département/territoire d'outre-mer sans reprojection.
La résolution est réglable (4 = grossier, 5, 6 = fin). La résolution 5 est le compromis retenu par défaut : chaque maille contient généralement plusieurs stations-cibles, ce qui rend le déficit lisible sans être trop bruité par de petites mailles vides.
La densité-cible pondérée par le relief
En plaine, une station pour ~50 km² suffit. En terrain accidenté, la cible est resserrée à ~10 km²/station, parce que le relief fait varier fortement température et précipitations sur de courtes distances — une seule station ne représente plus son voisinage.
La rugosité du terrain est mesurée par le TRI (Terrain Ruggedness Index : variabilité d'altitude locale), calculé à partir du MNT Copernicus DEM GLO-90. La cible de chaque maille est interpolée linéairement entre deux ancrages calculés sur le territoire affiché : l'ancrage « plaine » (percentile 20 du TRI, le plus plat) et l'ancrage « montagne » (percentile 90, le plus accidenté). Les curseurs de la carte permettent de tester d'autres valeurs que les valeurs par défaut.
Ancrage sur l'état de l'art
Les valeurs par défaut (50 km²/station en plaine, 10 km²/station en montagne) sont bornées par la littérature :
- WMO OSCAR (nowcasting) vise 1 km²/station (objectif) à ~25 km²/station (breakthrough) pour la température et les précipitations ;
- le Guide des pratiques hydrologiques WMO-No.168 (table I.2.6) recommande ~2 à 3× plus de stations en montagne qu'en plaine pour la précipitation (250 km²/station en plaine vs 575 km²/station en montagne dans sa table — la proportion, pas les valeurs absolues, est reprise ici) ;
- un réseau citoyen mûr (Netatmo aux Pays-Bas) atteint ~10 km²/station en plaine (Vos et al. 2019, GRL, doi.org/10.1029/2019GL083731).
Les défauts 50/10 km²/station sont donc plus denses que le minimum professionnel WMO, dans l'enveloppe nowcasting, et du même ordre qu'un réseau citoyen réel.
Pourquoi seulement StatIC
La carte ne compte que les stations du réseau participatif StatIC d'Infoclimat. L'objectif est de guider la densification de ce réseau précisément, là où la communauté peut installer de nouvelles stations. Les stations officielles Météo-France ne sont pas comptées ici.
Le calcul du déficit
Pour chaque maille :
cible = aire_maille / surface_cible(TRI)déficit = max(0, round(cible) − nombre_de_stations_StatIC_dans_la_maille)
Le classement des zones prioritaires est trié par déficit décroissant. Chaque zone est nommée par son département ; les mailles dont le centre tombe en mer sont écartées du classement.
L'échelle de couleur
La palette est classée par quantiles du déficit, pas par des paliers fixes. La distribution est très asymétrique : beaucoup de mailles de plaine ont un petit déficit, peu de mailles de montagne ont un gros déficit. Des paliers fixes écraseraient la majorité des mailles dans une seule couleur. Les quantiles étirent la palette sur la distribution réelle pour que le dégradé reste lisible — les bornes de la légende s'adaptent donc à la vue affichée (territoire, résolution, curseurs).
Couverture du vent à 10 m
Beaucoup de stations météorologiques — dont Météo-France — mesurent seulement la température et la pluviométrie. Les capteurs de vent coûtent cher et demandent une maintenance régulière. Or le vent à 10 m devient critique : face au changement climatique, l'agriculture a besoin de chiffres fiables, et les litiges d'assurance souvent s'appuient sur la question « le vent était-il assez fort pour causer le dégât ? ».
La vue « Couverture vent 10 m » affiche les stations mesurant le vent, distinguées par réseau (StatIC en vert, Météo-France/officiel en bleu). Chaque hexagone est coloré par la distance à la station-vent la plus proche : pâle = proche, rouge = loin. Le curseur de rayon fixe le seuil : zones vertes = couvertes, zones grises = trou.
Pour répondre à « le vent était-il documenté chez moi ? » : basculez sur la vue « Couverture vent », puis cliquez sur votre position. La carte indique la station-vent la plus proche, sa distance, et si vous êtes dans la zone couverte (rayon fixé) ou dans un trou. Utile pour un assuré ou un agriculteur qui conteste une mesure.
Source : le schéma canonique Infoclimat, paramètre wind_speed
(vent moyen 10 min à 10 m). Environ 2 500 stations en France sur 18 mois. Catégorisation
StatIC vs Météo-France/officiel. La donnée publique stations_xhr ne porte aucune
information sur les paramètres mesurés — d'où le recours au schéma canonique.
Limites : la carte répond « une mesure de vent existe-t-elle près d'ici », pas « combien il a soufflé ». Les valeurs de vent relèvent de l'API data. Capacité sur 18 mois : une station inactive depuis plus longtemps n'apparaît pas. Filtre France par rectangle grossier (quelques postes officiels frontaliers étrangers peuvent être inclus).
Sources de données
- relief : Copernicus DEM GLO-90 (données ouvertes) ;
- stations StatIC : export open-data Infoclimat
stations_xhr; - contours des départements : france-geojson.
Limites assumées
- le filtre « France » est un rectangle grossier par territoire : quelques stations limitrophes étrangères peuvent être comptées au ras des frontières ;
- le réseau StatIC est aujourd'hui très en deçà de la cible presque partout — c'est pourquoi la carte colore le déficit (priorité relative) et non la couverture absolue ;
- le TRI est échantillonné à ~270 m (MNT décimé), suffisant à l'échelle de maille utilisée ;
- le maillage couvre la France métropolitaine et les DOM-TOM ; les stations StatIC situées hors de France sont exclues.